LUDI'nterview special LIQA

il y a 7 mois par Poitier

Aujourd’hui nous recevons les musiciens de la LUDI de Toulouse. Pouvez-vous vous présenter, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ?
[Mél] : Nous sommes les musiciens de la LUDI de Toulouse.
[Tim] : C’est tout à fait ça !
[Jul] : Ca me semble être un peu réducteur mais je dois admettre que c’est un bon résumé…

Maintenant que les présentations sont faites, pouvez-vous nous expliquer les raisons du choix surprenant de votre nom de groupe, les « Guy » ?
[Tim] : En fait ça fait plus « Ghaah »…
[Jul] : C’est ça ! Il faut que ça vienne plus de la gorge : « Khaeha »…
« Gouhi »…
[Mél] : « Ghkaeh », « Kgkah »… Il faut que les narines s’ouvrent en le disant…
« Gwa », « Kah », « Ghia », « kweh », « gu…
[Mél] : Non en fait on cherchait un nom efficace qui soit à la fois musical à l’oreille est qui fasse penser à un bruitage. On avait pensé à « Nuuuu » mais ça faisait bizarre.

Et depuis quand les … euh… votre groupe existe-t-il ?
[Jul] : Depuis le 28 septembre 2016 à 15 heures 11 minutes et 53 secondes. Au moment très précis où Mélanie a lancé « Je vais chercher des feuilles pour qu’on commence à noter nos idées », où Tim a répondu « T’as pas du sucre ? » et où moi j’ai dit «  Il a une tache jaune bizarre sur la tête ton chat ».
[Mél] : C’est flippant un peu là non ?
[Tim] : #malaise

Y’a-t-il un artiste/groupe qui vous a particulièrement inspiré ?
[Mél] : Je dirais le mime Marceau ! On en parle trop rarement mais il a été celui qui a donné l’impulsion à toute la scène jazz de la Nouvelle Orléans avec son spectacle « Contrebasse et fleurs des champs ». A la première, il y avait au 7ème rang, siège 64, le jeune Sydney Bechet et au 15ème rang, le non moins jeune Louis Armstrong. Ils ont tous les deux avoué des années plus tard que c’est la scène de l’hirondelle quittant le nid, mimée avec brio par un Marceau au sommet de son art, qui leur avait donné la passion pour les cuivres et pour la syncope. Et pour ça, chapeau Marcel !
[Tim] : Personnellement moi c’est Dalida. C’est ma Muse à moi… Je suis allé la voir l’an dernier aux arènes de Nimes. Quand elle s’est avancée vers le piano et qu’elle a joué les premières notes de Resistance, je crois que c’était l’un des moments les plus intenses de ma vie. Je ne vous raconte même pas mon état au moment du refrain quand les guitares électriques se sont mises à rugir !
[Jul] : C’est difficile de choisir mais je dirais Jim Morrison. Même s’il n’en portait pas souvent, il avait un gout incroyable en termes de chemises ! Après ça se joue à pas grand-chose avec José Sebeloue, pour les mêmes raisons (ndlr : guitariste de la compagnie créole). J’en profite pour passer le bonsoir à tous vos lecteurs de Point-à-Pitre !!!

Que représente votre groupe pour vous ?
[Tim] : Un
[Jul] : Du
[Mél] : L’

Comme c’est beau… Mais revenons à votre morceau « Merci d’être venus ». Il est amené à devenir un tube interplanétaire du fait de ses paroles qui marquent profondément les personnes qui l’écoutent. Pouvez-vous nous raconter sa genèse ?
[Jul] : Nous voulions faire une chanson afin de remercier les gens d’être venus aux 20 ans de la LUDI…
[Mél] : Et nous voulions aussi leur dire que le spectacle était fini !
[Tim] Les paroles sont ensuite venues naturellement en quelques heures à peine. C’était un moment incroyable de créativité pure !!


Pourriez-vous nous expliquer votre méthode de travail ?
[Mél] : Généralement tout commence autour d’un café, un petit moment de partage simple comme il faut savoir les apprécier tant ils sont fugaces…
[Tim] : Ensuite un d’entre nous finit par lancer que ce serait bien qu’on s’y mette, alors il va chercher des feuilles pour qu’on écrive nos idées parce que tout le monde à paumé le papier de la dernière fois…
[Jul] : Après quelques dizaines de vidéos regardées sur internet, qui d’ailleurs n’ont pas toujours à voir avec le sujet, on finit par jouer la première note et là ça part ! Le reste c’est une question d’alchimie : un savant mélange de regards, d’écoute, de complicité, de plaisir d’offrir et de joie de recevoir (ndlr : copyright INTERFLORA).

Quand vous manquez d’inspiration, quelles sont vos techniques pour vous ressourcer ?
[Jul] : Je rajoute beaucoup, mais alors beaucoup, de reverb sur ma guitare. On va être honnête ce n’est pas hyper constructif pour ce qu’on fait mais moi ça me fait voyager !
[Mél] : Moi très souvent je tape sur divers objets plus ou moins sonores, ou alors je crie mais vraiment moyennement fort.
[Tim] : Perso je lance un petit « Bambino » des familles à la manière d’OSS117. C’est incroyable à quel point ça marche !

Avez-vous des petites manies, des choses que vous faites souvent chacun ?
[Mél] : Moi je tape sur divers objets plus ou moins sonores. J’essaie aussi de faire des figures classe avec mes baguettes mais ça finit toujours par tomber sur divers objets plus ou moins sonores.
[Jul] : Je suis Magopinaciophile, c’est-à-dire que je collectionne les pubs de marabouts.
[Tim] : Perso je traduis des chansons anglaises en français. Par exemple « Ô jour joyeux, Ô jour joyeux, quand Jésus lavait, …», « Sous mon parapluie, rapluie, rapluie, rapluie, hé, hé, hé », « Un pour l’argent, deux pour le spectacle, trois pour le caillou » ou encore « noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir ».

Y’a-t-il des moments particulier qui vous énervent lorsque vous travaillez ?
[Jul] : Moi c’est quand Tim part sur une mélodie et qu’il me file les tonalités à moitié. Sur une suite de quatre accords généralement je récupère « La mineur, Fa …, mol…, …eur ». C’est excessivement énervant !
[Mél] : Sans conteste quand on chante « Le lion est mort ce soir » mais que personne n’est sur le même rythme. Ça m’agace tellement que ça me donne envie de taper sur divers objets plus ou moins sonores.
[Tim] : Moi je crois que c’est quand je change de son sur une mélodie, que les autres me disent que le précédent était beaucoup mieux, que je les repasse tous et qu’aucun ne correspond à leurs yeux…

Est-ce que le fait d’improviser de la musique sur de l’improvisation théâtrale ça ne s’annule pas un peu au fond ?
[Tim] : …
[Mél] : … T’as compris la question toi ?
[Jul] : Chut, si on ne dit rien normalement il devrait passer à une autre question…

Quel est votre plus beau souvenir d’improvisation avec le groupe ?
[Mél] : Les plus beaux souvenirs pour moi sont ceux où tout le monde ressent que les improvisateurs se laissent transporter par la musique, que les deux s’alimentent l’un l’autre pour aboutir à des moments de grâce, de poésie, d’art tout simplement…
[Tim] : Ouais moi j’ai ressenti ça quand j’ai réussi à placer le son de poule de mon clavier. Ça tombait à point nommé parce qu’il y avait une histoire de poules en train de se jouer sur scène !!
[Jul] : Moi c’est quand Mélanie a chanté « joyeux anniverchploum » au lieu de « joyeux anniversaire ». C’était cocasse parce que ça n’existe pas comme mot « anniverchploum »…

Et quand pourra-t-on vous revoir sur scène ?
[Mél] : Le temps nous le dira, un jour ou l’autre le temps nous le dira… Mais on espère au plus vite au CAP !
[Jul] : Oui.
[Tim] : Oui.